lundi 4 octobre 2010

F

F comme Flâneries Finies. Je vais juste profiter de mon retour sur Bangalore pour écrire, pour faire une petite mise a jour sur un blog qui en a bien besoin. Un blog un peu décrépit depuis le temps. Bon pour faire un résumé des Lettres précédentes, j’étais en Espagne et maintenant me voila a Bangalore dans un style plus traditionnel mais je vais essayer dans la mesure du possible de faire suivre un deuxième article sur l'Inde assez rapidement

Donc premier point : je vais bien, je ne suis pas encore mort sur le trône a cause des épices et du riz Matin-Midi-Soir :D Parce que il est vraiment qui'il y a un monde voire même plusieurs galaxies entre la gastronomie française et la cuisine indienne. En effet, ils ne connaissent pas les bienfaits de la viande bovine et porcine pour le corps, ils pensent que des légumes et un pauvre bout de poulet par semaine font l'affaire ... Un peu dur a avaler pour les européens que nous sommes. Enfin au début quoi. Mais on s'y fait on n'a pas le choix, c'est ça aussi être un voyageur en herbe, on doit faire avec ce qu'on a : Donc tout ça pour dire que mise a part la mise a l’épreuve, assez violente je dois dire, de mon estomac par les plats typiquement indiens, je survis bien pour le moment.

Donc deuxième point, après des nouvelles de mon système digestif, des nouvelles de mes yeux qui eux en prennent aussi plein la vue. Ça parait évident de dire que la France et l'Inde c'est pas pareil parce que c'est pas le même pays et que c'est pas le même continent, mais je pense que c'est pas des mots assez forts pour décrire vraiment le précipice qui séparent le Vieux Continent du Sous Continent, j'ai nommé l'Europe et l'Inde. C'est un autre monde : les gens, les odeurs, les lieux, les paysages, la gastronomie locale, l'importance de la religion, la musique, le bruit, la pollution, la taille du pays, la taille des villes, la pauvreté qui côtoie la richesse, les rues toujours bondées, le regard des gens qui se pose sur nous, ... Il y a juste tellement de choses a dire et a décrire ! C'est pour cela que l'Ecole qui nous accueille nous donne la possibilité de voyager.

De voyager comme les routards, ce qui se promènent avec un gros sac de 60 litres sur le dos, toujours avec un jean retroussé en guise de pantalon, avec une barbe de 4-5 jours quand c'est des gars, en bande ou a plusieurs, parlant ou bafouillant la langue locale. De découvrir un autre visage de l'Inde, un visage qui n'est pas accessible quand on est en train d’étudier dans une des 7 plus grandes villes d'Inde. Et j'ai pu apercevoir une partie de cet autre visage avec un petit Roadtrip dans le Kerala. C'est un petit Etat d'Inde ou il y a plus de femmes que d'hommes, ou les portugais sont venus s'installer pour les épices, ou on peut voguer sur les célèbres Backwaters, ou on peut enfin manger poisson et des crustacés comme alternative au Riz-Poulet, ... Mais c'est aussi et surtout un autre regard que les gens posent sur vous, enfin pas tous mais on sent une petite différence quand même entre le Karnataka et le Kerala.

Parce que oui en Inde, les "Blancs" sont des animaux ! Ça dépend des jours mais la plupart du temps on est des pigeons a leurs yeux, des pigeons qui ont des sous plein les poches et que le rôle des indiens se résume a les vider sans qu'on s'en aperçoive. Je sais que c'est une stigmatisation un peu simpliste d'une minorité d'indiens mais des fois c'est ce que je pense. Même s'il existe des indiens qui nous considèrent a notre juste valeurs, c'est a dire comme des étudiants de leur age, il est quand même assez impressionnant de constater que parfois on est mis sur un piédestal et des fois on est considérer comme des Intouchables ou presque pour certaines choses. Les Indiens ne font pas dans la demi mesure en somme, c'est tout ou rien. Dans les relations aussi : on peut être leur "Meilleur Ami" ou alors n’être qu'un tableau de plus sur le mur.

Un mur qui commence a être tapissé de photos et de souvenirs en tout genre mais ca c'est pour la prochaine Lettre !

mercredi 2 juin 2010

E

E comme Elucubration Espagnole. Aussi loin que je me souvienne le mot élucubration signifie qu’une chose met du temps à venir, qu’elle ne se presse pas … Un peu comme cet article. Je pourrais le comparer à un fruit, à une fleur, à un arbre ou à un quelconque enfant de Gaia. Il faut du temps pour grandir, pour exister. Depuis mon Arrivée Abracadabrantesque, beaucoup d'eau a couler sous les ponts, beaucoup de nuages ont survolé la capitale Catalane, mais pas seulement ! Les vents m’ont porté dans des endroits inattendus dans lesquels j’ai passé des moments intenses, un peu comme une graine qui voyagent avant de trouver le bon endroit pour germer.

Les gens sont comme des graines : on passe notre vie à chercher le bon lopin de terre pour grandir, s’épanouir, puis vieillir. Certaines personnes trouvent leur coin de paradis dès la naissance, d’autres mettent plus de temps et ont besoin des éléments pour se décider : l’ensoleillement, la concentration au mètre carré, ou je ne sais quel autre paramètre indispensable a leur yeux. Pendant quatre mois j’ai testé la Costa Brava et la Capitale Catalane et pour tout dire, je m’y suis plus. Normal me direz vous puisque Barcelona figure dans le Top 50 des villes ou il fait bon vivre. Je m’y suis tellement plus que je n’ai pas vu le temps passé, l’eau coulée, les nuages s’effacés.


De ce balcon, je n'ai pas vu passé les 122
jours et nuits de mon voyage.

Mais comme tous les êtres humains, je suis rempli de défauts et je me dois de chercher mieux ailleurs pour peu être revenir plus tard sur mes pas. Avant de partir pour de nouvelles contrées, pour de nouvelles aventures, de nouvelles rencontres, je vais jeter un coup d’œil par-dessus mon épaule. Juste pour voir a quoi ressemble la trace que j’ai laissé sur mon passage en terre étrangère au tout début, en terre familière au moment ou je m’apprêtais a la quitter. Non pas que je sois nostalgique, mais il m’arrive parfois d’être content de moi, content du fait que je puisse faire certaines choses dont je ne me savais pas capable.

Comme Romain Duris dans l’Auberge Espagnole, quitter mes racines pour me rempoter ailleurs a été tout sauf une partie de plaisir. Parce que comme tout le monde, tout laisser derrière soi pour commencer une nouvelle vie c’est pas chose facile. Mais je crois que le greffon a bien pris, je me suis vite adapté a cette nouvelle terre entre mes doigts, a ce nouveau soleil qui me réveillait chaque matin, a ces nouvelles têtes que je croisais tous les matins six pieds sous terre. Peu à peu j’ai été gagné par le flegme local, par cette zen-attitude qui fait que l’on profite de l’instant présent. Que l’on fasse la fête pour des choses qui parfois nous paraissent insensées, on y prend gout rapidement qu’on le veuille ou non. Parce que ces moments permettent de combler nos vides intérieurs.

Mais la vie est comme un jardin, un jardin a la dimension de chacun : on organise son jardin selon ces gouts, on cherche le meilleur emplacement pour que les graines que l’on rencontre sur son chemin de vie puissent s’épanouir, grandir et nous accompagner le plus loin et le plus longtemps possible. C’est pour cela que regarder derrière soi a du bon, constaté que l’on a récolté tout ce dont on avait besoin dans un magasin qui n’est ouvert qu’une fois.

Le magasin Barcelone vient de fermer ces portes pour la saison Avril-Juin 2010, mais il les ré-ouvrira surement bientôt parce que je n’ai pas eu ou pris le temps d’explorer tous les rayons. Je sors de cette expérience les bras et la tête remplies de souvenirs. Mais ce n’est qu’un début parce que une plus grande marche s’annonce, une marche située a des milliers de kilomètres du Vieux Continent et de ses habitudes, le jardin Indien me tend les bras et m’attend … Il faut que je me jette dans l’inconnu, je n’ai pas le choix ! Je sais que je ne le regretterai pas.

lundi 10 mai 2010

D

D comme Destination Délire. Des notes de musiques qui s'entrechoquent dans ma tête à intervalles irréguliers, des mouvements saccadés qui imitent plus ou moins ce qui ressemblerait à une danse exécutée lors d'une transe ou d'un moment d'ivresse total, des formes visuellement délirantes parce que débordantes de couleurs vives et défilant à une vitesse inimaginable devant mes yeux, … Mais le délire ne prend pas toujours cette forme de voyage visuel et auditif : il peut prendre l'aspect d'un moment unique passé à observer les gens ou les choses autour de nous, pour à un instant précis, admirer ce qui nous fera rire pendant les longs instants qui le suivent !

C'est tous ces petits instants de bonheur qui rendent la vie unique et drôle, croustillante et dévorante. Croiser dans des gens dans des lieux incongrus dans des positions qui le sont encore plus, il faut l'avouer, difficile de ne pas rire ou de ne pas sourire lorsque cette image vient s'imprimer sur notre rétine ! Comme par exemple cette fois où dans un carrefour mondial de gens et de marchandises venues et toutes les destinations possibles, je croise la route d'un homme, enfin je longe son chemin de vie parce que je ne l'ai pas vraiment croisé pour tout dire …. Enfin toujours est il que il arrivait à faire deux choses en même temps, et d'une facilité déconcertante : répondre au téléphone tout en se tenant en action devant un urinoir ! Vision délirante d'un quart de seconde qui au final me fait encore sourire aujourd'hui.

Mais je crois que ce qui m'a marqué c'est la facilité avec laquelle les jeunes barcelonais pré-pubère s'invente des jeux. Il y a de ça un mois ou deux peu être je ne me souviens plus très clairement, je croise un enfant, 7 ans tout au plus : je sais, à sept printemps on n'est pas encore pré-pubère, mais lui en tout cas l'était au vu du nombre de poils noirs qui se hérissaient sur ses bras et sur ses jambes. Cela étant il est arrivé en face d'un arbre assez rapidement, et je me suis dit sois il le fait exprès et il aime se faire du mal sois il est vraiment bigleux, ou tout simplement complètement con ! Et puis non, il a contourné l'arbre pour se mettre a tourner autour de plus en plus vite en chantonnant de plus en plus fort pour au final aboutir à un état de tournis extrême qui l'a fait éclater de rire à la redescente … Lui il sait profiter de chaque instant, et tout seul comme un grand !

Mais en grandissant les façons évoluent, se métamorphosent. Au début on aime tout, notre peluche, notre lit, le bac a sable, l'eau qui tache les vêtements, les parents, le chien qui coure dans le jardin, … Mais avec le temps ce nombre de choses diminuent, ce qui est normal puisque c'est le résultat inversement proportionnel à la croissance et à la vieillesse : plus on avance dans notre vie, plus nos centres d'intérêts se recentrent pour à la fin ne tenir que sur les doigts d'une main ou à la limite des deux. Moi j'ai dois encore avoir de la chance, je dois utiliser mes doigts de pieds si je veux compter l'essentiel de l'essentiel !


Un de ces p'tits bonheurs quotidiens :
Un Grand Café au Lait !

Parce que les moments comme mon Arrivée Abracadabrantesque, les nombreux Cabossages, les montées Barbituriquement inconcevables préalablement, etc … n'arrivent qu'une fois dans une vie il faut savoir en profiter. Mais on ne sait jamais quand ça va nous tomber dessus alors on ne sait pas s'il faut rire ou pleurer, courir ou marcher pour prendre ce métro ou le suivant au risque de louper La Personne de notre vie, aller ici ou là pour faire ceci ou cela, … Il faut se laisser notre barque se faire porter par le courant en donnant quelques coups de pagaies à certains moments pour aller là où on veut vraiment. Il faut parfois forcer la main au destin mais pas trop quand même pour qu'il puisse nous la retendre dans le futur.

mercredi 5 mai 2010

C

C comme Caboche Cabossée. Les notes de musique se suivent mais ne se ressemblent pas, chacune est différente. On pourrait croire à un ensemble de conversations de bars superposées les unes sur les autres qui donnent un ensemble dissonant, pas forcément très audible, mais que l'on appelle parfois Ambiance, Atmosphère Atypique, j'en passe et des meilleures … Mais ce que je suis venu chercher n'est pas là autour de moi. Ce qui m'a amené dans ce coin malfamé de Barcelona où prostituées et proxénètes se côtoient, c'est une boisson, le Saint Graal de ma soirée, la quête de souvenirs passé que je veux ramener à la vie !

Et cette quête se finit dans un verre à pied accompagné d'un sucre, d'une fourchette et d'une odeur d'Anis subtile mais reconnaissable entre milles senteurs. Ce n'est pas un vulgaire breuvage marseillais jaune à diluer qui se trouve au fond du réceptacle transparent : c'est une boisson exceptionnelle issue d'une tradition millénaire et d'une plante particulière, l'Absinthe. Et elle est aussi chargée en alcool qu'en souvenirs, parce que ce n'est pas la première fois que je déguste ce breuvage, ce n'est pas la première fois que je recherche les effets que peut produire cette boisson sur le système nerveux, sur le centre de commande du corps et de l'esprit.

Le Saint Graal ... Enfin le mien !

Par le passé j'ai déjà plusieurs fois apprécié le gout et les effets de la Fée Verte, à chaque fois dans des lieux différents, jamais avec les mêmes personnes, jamais de la même façon et ceci dans le but de vivre des expériences à chaque fois nouvelle pour moi. La Rochelle est porteuse de séquelles cérébraux, la Bretagne n'a pas été épargnée non plus, il me fallait donc renouveler le voyage une fois encore mais dans un endroit singulier, Le Marsella.

Les seules traces communes que partagent ces expériences gustatives, olfactives, sensoriellement exceptionnelles c'est le retour à la réalité le lendemain matin. Que l'on apprécie ce spiritueux avec un sucre, de l'eau, un yaourt à boire célèbre, des carrés de saccharoses imbibés puis enflammés : le résultat est le même ! Le mal est omniprésent pendant plusieurs heures après la fin du test, on a l'impression que le cerveau risque de rompre notre nuque tellement notre boite crânienne c'est alourdie, que cela ne finira jamais.

Mais le jeu en valait la chandelle, les souvenirs sont remontés à la surface, me réconfortant un peu, me rassurant un peu dans ma mélancolie passagère. Même si je sais que je pourrais probablement pas revivre tous ces souvenirs, je repense au temps passé avec mes amis, tous mes compagnons de routes et d'infortunes, les moments partagés, pas forcément en compagnie de la Dame verte, mais à tous les instants. Je me dis que ce n'est pas si loin que ça et que je ne regrette rien jusqu'ici, que tous les choix que j'ai fais je n'aurai pas à le regretter, que j'en vivrai des nouveaux avec eux et que cette histoire est loin d'être finie !

lundi 3 mai 2010

B

B comme Barcelone Barbiturique. Doux comme une montée d'acide, tout doucement je m'envole, je sors de mon corps, une sensation connue et recherchée un nombre incalculable de fois. Toujours ce même besoin d'évasion, de solitude, de plénitude je dirais. La recherche de l'apesanteur pour son âme est toujours un moment où tous les soucis quotidiens s'envolent l'espace de quelques instants. Mais comme toujours le retour à la réalité fait mal, toujours brutal, et laisse les mêmes séquelles dérangeantes …

Je me réveille en sursaut, assis sur une chaise de bureau apparemment pas bien fixée au vu du bruit qu'elle fait lorsque je me redresse. Les temps de reprendre mes esprits après cette petite parenthèse cataleptique je réalise peu à peu que le bureau dans lequel je me trouve m'est étrangement familier. Les personnes qui sont à coté de moi aussi. Et là, pire que la redescente d'un trip, le retour au monde du travail !

Je comprends que je me suis encore assoupi, l'instant de quels instants. Peu être par manque de sommeil ou alors par manque de carburant, je ne dors presque plus, je ne mange surement pas assez le matin, bref une accumulation de facteurs qui aboutissent à une équation équilibrée à l'autre bout par des micro-sommeils de plus en plus répétés. Je me lève comme un drogué qui part à la recherche de sa dose de drogue. Sauf que moi je pars faire un tête à tête avec la machine à café pour qu'elle me donne le Saint Breuvage qui me fera sortir de ma torpeur.

Nouvelle émergence : je fixe le petit carré rouge sur l'éphéméride de mon bureau personnel en mélaminée Acajou. Il entoure la date du 4 Mai … Je bois une gorgée du café que je viens de me servir : il est déjà froid ! Ça fait si longtemps que ca que je suis me servi cette boisson normalement chaude au gout d'Arabica d'Amérique du Sud. Apparemment oui, puisqu'il faut beaucoup de temps pour qu'un café perde sa chaleur. Toujours est il que je me rends compte que le carré rouge à changer de mois, qu'il est passé d'Avril à Mai. En d'autres termes je suis quasiment au terme de mon premier mois dans la capitale Catalane.

Mais oui c'est aujourd'hui : l'Arrivée Abracadabrantesque est désormais vieille d'un mois … Déjà ?! C'est impossible, le temps n'a pas pu passer aussi vite pour une aussi longue période ! Enfin longue dans le sens où on la compare aux micro-sommeils quotidiens. C'est hallucinant. J'ai du mal à me rendre compte, moi qui rechignait presque à venir à Barcelone parce que Le Cap me tendait les bras. La ville m'a absorbé sans que je m'en rende compte, mon assimilation s'est surement passée sans histoire si j'ai réussi à survivre jusqu'ici. Mais tout de même, soyons sincère : quelle drogue peut vous maintenir en vie, en plénitude totale pendant un mois sans que vous touchiez le sol, sans que vous pensiez à quoi que ce soit, sans que vous pensiez à personne ?

La réponse est là, au dessus de nos têtes !

Je répondrais simplement le Voyage. Ce déplacement visible sur une carte Michelin ou sur un globe terrestre, celui qui nous transporte d'un point à un autre sans que l'on puisse lutter car celui ci aura lieu quoi qu'il arrive. Je dois admettre que cette drogue me plait, qu'elle m'hypnotise, qu'elle m'attire irrésistiblement. Je crois que la prochaine dose que je prendrais, que je subirais est le mot qui convient plutôt, se trouve en Asie, en Inde à ce qui se dit. Mais ça c'est une autre histoire ! J'ai encore un peu de temps à attendre : 100 petits déplacements du carré rouge sur l'éphéméride.

A

A comme Arrivée Abracadabrantesque. Tout a commencé un dimanche, le 4 Avril plus précisément. Difficile d'oublier cette date, elle figure quasiment partout : sur mon billet de train acheter quelques heures avant mon départ, sur mon billet d'avion à peine plus ancien et sur mon relevé de compte bancaire qui a du mal à s'en remettre ! C'est pour dire comment ce départ de France était bien préparé. Enfin passons, ne nous attardons pas sur des détails qui pourraient dresser quelques cheveux.

Non plutôt si, attardons nous sur ce début de l'histoire, car toute histoire a un début et la mienne commence sur le quai de la gare de Quimper, au matin du 4 Avril. J'embarque dans ce train flanqué aux couleurs d'une entreprise française connue pour être toujours à l'heure et toujours présente pour ses voyageurs quoi qu'il arrive. Laissant ma famille, mes amis, ma région, enfin bref beaucoup de choses derrière moi, je fais face à mon destin : de toute façon je n'ai pas le choix, j'ai pris de billets non remboursés donc si je pars pas je ne pourrais pas me faire dédommager !

Je dois avouer que sur le moment ca a été un peu dur de tout laissé pour commencer une nouvelle vie entre guillemets mais en même temps j'ai signé pour ca en rentrant en BI à La Rochelle, j'avais un an et demi pour me préparer … Tant pis pour moi si je ne suis pas prêt, je rentre dans 4 mois, pas avant ! Et puis bon c'est rien comparé aux 11 mois qui m'attendent à Bangalore en Inde à partir d'Aout mais ça, ça fera l'objet d'une autre lettre a n'en pas douter.

Mais ce qui ne pourrais être évoqué ailleurs qu'ici, dans ce premier article, c'est les premiers instants, les premières heures, les premières sensations et les bien entendues les premières galères loin de chez moi. Parce que c'est bien connu, rien ne se passe jamais comme c'était prévu ! Y a toujours un grain de sable qui vient bloquer l'engrenage du futur, qui nous ramène à la dure réalité.

Le premier d'une longue série, qui j'espère est pas prête de s'arrêter, s'appelle Lo-ge-ment. Vous me direz que je suis malade a vouloir que pleins d'imprévus dans ma vie mais c'est parce que sans imprévus la vie est monotone et puis je ne veux pas profiter de l'expérience des anciens , je veux la mienne, celle que j'ai forgé de mes mains et de mess choix, prémédités ou non. Enfin toujours est-il que le premier de mes grains de sables barcelonais a été le logement.

En effet je pensais que la réservation sur Internet suffirait et que je pourrais dormir tranquillement le dimanche soir pour me reposer d'un voyage en train et en avion qui m'avait bien fatigué il faut l'avouer ! Je suis donc aller dans un cyber café pour pouvoir voir où se situait vraiment l'auberge de jeunesse où j'allais passé la nuit et là surprise … Ils étaient complets pour la nuit ! En somme il était 22H30 et je me retrouvais dehors … Ca commence bien dit donc Barcelone ! Déterminé à ne pas terminer dehors j'ai pris mon courage a deux mains, enfin le Lonely Planet dans une et la souris dans l'autre pour aller sur le net et essayer de trouver un logement pour une nuit. Quelques très longues minutes après le début de recherches (45 minutes pour être exact !) j'ai fini par trouver une pension bien notée dans le Lonely et pas trop loin de l'endroit où j'étais : c'est important quand on se "promène" avec un sac de voyage de 21 kilos qu'il est très difficile de tirer ! Et c'est ici que mon porte monnaie a pleuré pour la première fois, en effet j'ai du payé 58 €uros pour UNE nuit dans cette pension classé parmi les moins chers dans le Lonely Planet … Deux constats se sont imposés à moi comme une évidence : les pensions a 58 € plus jamais je ne ferais et le Lonely Planet plus jamais je n'écouterais !

Résultat des courses : le porte feuille vidé de ses billets en un jour, une nuit dont j'ai intérêt a profiter pour me reposer parce que je vais devoir traverser la ville pour aller dans l'auberge que je visais au départ, encore un repas de sauté parce que j'avais la flemme de sortir de ma chambre tellement j'étais crevé, …

Enfin bref l'Expat" ça commence bien !