mercredi 2 juin 2010

E

E comme Elucubration Espagnole. Aussi loin que je me souvienne le mot élucubration signifie qu’une chose met du temps à venir, qu’elle ne se presse pas … Un peu comme cet article. Je pourrais le comparer à un fruit, à une fleur, à un arbre ou à un quelconque enfant de Gaia. Il faut du temps pour grandir, pour exister. Depuis mon Arrivée Abracadabrantesque, beaucoup d'eau a couler sous les ponts, beaucoup de nuages ont survolé la capitale Catalane, mais pas seulement ! Les vents m’ont porté dans des endroits inattendus dans lesquels j’ai passé des moments intenses, un peu comme une graine qui voyagent avant de trouver le bon endroit pour germer.

Les gens sont comme des graines : on passe notre vie à chercher le bon lopin de terre pour grandir, s’épanouir, puis vieillir. Certaines personnes trouvent leur coin de paradis dès la naissance, d’autres mettent plus de temps et ont besoin des éléments pour se décider : l’ensoleillement, la concentration au mètre carré, ou je ne sais quel autre paramètre indispensable a leur yeux. Pendant quatre mois j’ai testé la Costa Brava et la Capitale Catalane et pour tout dire, je m’y suis plus. Normal me direz vous puisque Barcelona figure dans le Top 50 des villes ou il fait bon vivre. Je m’y suis tellement plus que je n’ai pas vu le temps passé, l’eau coulée, les nuages s’effacés.


De ce balcon, je n'ai pas vu passé les 122
jours et nuits de mon voyage.

Mais comme tous les êtres humains, je suis rempli de défauts et je me dois de chercher mieux ailleurs pour peu être revenir plus tard sur mes pas. Avant de partir pour de nouvelles contrées, pour de nouvelles aventures, de nouvelles rencontres, je vais jeter un coup d’œil par-dessus mon épaule. Juste pour voir a quoi ressemble la trace que j’ai laissé sur mon passage en terre étrangère au tout début, en terre familière au moment ou je m’apprêtais a la quitter. Non pas que je sois nostalgique, mais il m’arrive parfois d’être content de moi, content du fait que je puisse faire certaines choses dont je ne me savais pas capable.

Comme Romain Duris dans l’Auberge Espagnole, quitter mes racines pour me rempoter ailleurs a été tout sauf une partie de plaisir. Parce que comme tout le monde, tout laisser derrière soi pour commencer une nouvelle vie c’est pas chose facile. Mais je crois que le greffon a bien pris, je me suis vite adapté a cette nouvelle terre entre mes doigts, a ce nouveau soleil qui me réveillait chaque matin, a ces nouvelles têtes que je croisais tous les matins six pieds sous terre. Peu à peu j’ai été gagné par le flegme local, par cette zen-attitude qui fait que l’on profite de l’instant présent. Que l’on fasse la fête pour des choses qui parfois nous paraissent insensées, on y prend gout rapidement qu’on le veuille ou non. Parce que ces moments permettent de combler nos vides intérieurs.

Mais la vie est comme un jardin, un jardin a la dimension de chacun : on organise son jardin selon ces gouts, on cherche le meilleur emplacement pour que les graines que l’on rencontre sur son chemin de vie puissent s’épanouir, grandir et nous accompagner le plus loin et le plus longtemps possible. C’est pour cela que regarder derrière soi a du bon, constaté que l’on a récolté tout ce dont on avait besoin dans un magasin qui n’est ouvert qu’une fois.

Le magasin Barcelone vient de fermer ces portes pour la saison Avril-Juin 2010, mais il les ré-ouvrira surement bientôt parce que je n’ai pas eu ou pris le temps d’explorer tous les rayons. Je sors de cette expérience les bras et la tête remplies de souvenirs. Mais ce n’est qu’un début parce que une plus grande marche s’annonce, une marche située a des milliers de kilomètres du Vieux Continent et de ses habitudes, le jardin Indien me tend les bras et m’attend … Il faut que je me jette dans l’inconnu, je n’ai pas le choix ! Je sais que je ne le regretterai pas.

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