B comme Barcelone Barbiturique. Doux comme une montée d'acide, tout doucement je m'envole, je sors de mon corps, une sensation connue et recherchée un nombre incalculable de fois. Toujours ce même besoin d'évasion, de solitude, de plénitude je dirais. La recherche de l'apesanteur pour son âme est toujours un moment où tous les soucis quotidiens s'envolent l'espace de quelques instants. Mais comme toujours le retour à la réalité fait mal, toujours brutal, et laisse les mêmes séquelles dérangeantes …
Je me réveille en sursaut, assis sur une chaise de bureau apparemment pas bien fixée au vu du bruit qu'elle fait lorsque je me redresse. Les temps de reprendre mes esprits après cette petite parenthèse cataleptique je réalise peu à peu que le bureau dans lequel je me trouve m'est étrangement familier. Les personnes qui sont à coté de moi aussi. Et là, pire que la redescente d'un trip, le retour au monde du travail !
Je comprends que je me suis encore assoupi, l'instant de quels instants. Peu être par manque de sommeil ou alors par manque de carburant, je ne dors presque plus, je ne mange surement pas assez le matin, bref une accumulation de facteurs qui aboutissent à une équation équilibrée à l'autre bout par des micro-sommeils de plus en plus répétés. Je me lève comme un drogué qui part à la recherche de sa dose de drogue. Sauf que moi je pars faire un tête à tête avec la machine à café pour qu'elle me donne le Saint Breuvage qui me fera sortir de ma torpeur.
Nouvelle émergence : je fixe le petit carré rouge sur l'éphéméride de mon bureau personnel en mélaminée Acajou. Il entoure la date du 4 Mai … Je bois une gorgée du café que je viens de me servir : il est déjà froid ! Ça fait si longtemps que ca que je suis me servi cette boisson normalement chaude au gout d'Arabica d'Amérique du Sud. Apparemment oui, puisqu'il faut beaucoup de temps pour qu'un café perde sa chaleur. Toujours est il que je me rends compte que le carré rouge à changer de mois, qu'il est passé d'Avril à Mai. En d'autres termes je suis quasiment au terme de mon premier mois dans la capitale Catalane.
Mais oui c'est aujourd'hui : l'Arrivée Abracadabrantesque est désormais vieille d'un mois … Déjà ?! C'est impossible, le temps n'a pas pu passer aussi vite pour une aussi longue période ! Enfin longue dans le sens où on la compare aux micro-sommeils quotidiens. C'est hallucinant. J'ai du mal à me rendre compte, moi qui rechignait presque à venir à Barcelone parce que Le Cap me tendait les bras. La ville m'a absorbé sans que je m'en rende compte, mon assimilation s'est surement passée sans histoire si j'ai réussi à survivre jusqu'ici. Mais tout de même, soyons sincère : quelle drogue peut vous maintenir en vie, en plénitude totale pendant un mois sans que vous touchiez le sol, sans que vous pensiez à quoi que ce soit, sans que vous pensiez à personne ?
La réponse est là, au dessus de nos têtes !
Je répondrais simplement le Voyage. Ce déplacement visible sur une carte Michelin ou sur un globe terrestre, celui qui nous transporte d'un point à un autre sans que l'on puisse lutter car celui ci aura lieu quoi qu'il arrive. Je dois admettre que cette drogue me plait, qu'elle m'hypnotise, qu'elle m'attire irrésistiblement. Je crois que la prochaine dose que je prendrais, que je subirais est le mot qui convient plutôt, se trouve en Asie, en Inde à ce qui se dit. Mais ça c'est une autre histoire ! J'ai encore un peu de temps à attendre : 100 petits déplacements du carré rouge sur l'éphéméride.

C'est tellement vrai ...
RépondreSupprimerLe temps passe beaucoup trop vite...
Alors ...
Profitons Profitons
Bisous Pétillon.
Emmanuelle